La respiration

Le carburant de la trompe de chasse, c’est l’air, comme pour n’importe quel autre instrument à vent, à ceci près que, pour la trompe, le droit à l’erreur n’existe pas : pressions et débits doivent être parfaitement maîtrisés. Il est donc primordial d’en emmagasiner suffisamment pour pouvoir effectuer un « parcours sonore » d’une longueur de bon aloi. Il existe différentes techniques qui permettent de remplir au mieux les poumons de ce fluide vital. Nous allons aujourd’hui examiner attentivement celle qui est pratiquée par tous les professionnels du souffle : musiciens (instrumentistes et chanteurs), sportifs, yogis, etc…

Quand on observe attentivement un bébé au repos, on remarque que seul son abdomen subit des variations de volume et l’amplitude costale basse est si faible qu’elle est imperceptible. La cage thoracique conserve presque le même volume, les épaules ne bougent pas le moins du monde. Cette manière de remplir les poumons d’air est donc parfaitement naturelle. Pour la redécouvrir, quelques exercices simples sont indispensables.

 

Position de base

Couché, bien à plat sur le dos.

Adopter la position de relaxation, les jambes légèrement écartées (à la largeur des épaules), les bras le long du corps, mains tournées vers le haut.

 

Première phase

Vider complètement les poumons en soufflant l’air par la bouche.

 

Deuxième phase : la respiration abdominale

Inspirer lentement par la bouche en gonflant UNIQUEMENT l’abdomen, donc en « chassant » les viscères vers l’extérieur. S’arrêter impérativement quand on s’aperçoit que les côtes commencent à s’écarter et bloquer la respiration durant quelques secondes.

Recommencer plusieurs fois jusqu’à ce que ce premier mouvement soit parfaitement maîtrisé et qu’il devienne « naturel ».

 

Troisième phase : la respiration thoracique

Reproduire le premier mouvement, bloquer quelques secondes puis remplir d’air la cage thoracique par l’écartement de la partie haute des côtes. Le torse se gonfle alors que l’abdomen reste au volume maximum de la phase n° 2.

Répéter cet exercice un certain nombre de fois pour automatiser les mouvements et les rendre les plus naturels possible.

 

Quatrième phase : la respiration claviculaire

Reproduire les deux mouvements précédents en marquant une courte pause entre chacun d’entre-eux. On a alors l’impression qu’il n’est plus possible de faire encore pénétrer de l’air dans les poumons. Il faut forcer les épaules à monter vers le cou en inspirant encore une très petite quantité de fluide, celle qui permettra d’arriver au bout de la phrase musicale particulièrement longue et consommatrice d’air.
(La plupart des phrases musicales ne sollicitent que la phase n° 2 lorsque la respiration est bien maîtrisée mais la possibilité de remplissage maximal doit toujours rester à la disposition du sonneur, d’où la nécessité de travailler également cette phase n° 4 que seule la pratique de la trompe de chasse peut réclamer.)

Répéter ces exercices respiratoires, le soir, dans son lit, permettra non seulement de trouver plus aisément le sommeil, mais augmentera progressivement la capacité respiratoire du pratiquant.
Quand on a le sentiment de bien maîtriser cette technique, il ne reste plus qu’à l’expérimenter en position debout et à l’appliquer à la pratique de la trompe de chasse.

Bon travail. Nous vous invitons à poser vos questions ou à discuter ensemble de ce tuyau didactique sur notre forum.

Philippe Carabin
Version revue et annotée par Gérard Bigex, kinésithérapeute spécialisé dans la formation des chanteurs lyriques.